NEWSLETTER - BOSS WITH ME #6

Boss with me #6

Je me suis laissée déborder. Nous y sommes. 

J’étais bien partie avec cette newsletter Boss with me et il y a 15 jours je me suis levée, j’ai fait ma vie, et j’ai eu la sensation d’oublier un truc. J’ai fait un check de mes besoins vitaux pour être sûre de ne pas enrayer ma machine. Je vous raconte ça parce qu'il y a des jours où je fais tellement de trucs que j’oublie que je ne suis qu’un tas de cellules. Je suis tellement dans le flow des choses que j’ai un vague sentiment d’inconfort sans pouvoir l’identifier. Alors rapidement je scanne mon corps, je me rends compte que :

  • soit j’ai mal au crâne parce que je n’ai pas bu un centilitre d’eau de la journée. 
  • soit je suis essoufflée sur ma chaise : je suis en semi-apnée depuis 2 heures (comme si j’allais écrire des mails plus vite en retenant mon souffle, toute crispée).
  • soit j’ai mal au ventre parce que j’ai été en vadrouille et que j’ai oublié de déjeuner. 
  • Et si on va plus loin, soit qu'il est 18h et que je me tortille sur ma chaise depuis quelques heures : j’ai zappé d’aller aux toilettes.

Voilà comment je m’oublie parfois. Souvent. Complètement.

Alors, quand ce fameux mercredi, jour de shooting, je suis rentrée chez moi avec cette sensation d’avoir oublié quelque chose qui m’avait suivie toute la journée… J’ai fait mon check des mes organes, tout était correctement rempli, vidangé ou irrigué mais j’avais zappé d’envoyer cette newsletter. Et c’était pas un petit zut j’ai zappé de cliquer pour programmer le truc, c’était sorti de ma tête complètement — même les jours d’avant.

En ce moment, il y a un chantier qui me tient à coeur, c’est celui d’être organisée, mais de l’être de façon intelligente. Je ne parle pas de faire des to do listes longues comme le bras mais de faire en sorte d’accomplir des choses sans m’oublier. Dans cette restructuration du quotidien, je m’imagine même prendre du temps pour moi pour devenir meilleure ! Je vais baptiser ce projet : The Intelligent Organization / The I.O ! C’est cool hein ? Non, je déconne. J’ai tout essayé comme nous toutes, le Miracle Morning, le bullet journal, le yoga au crépuscule, la méditation guidée, le granola bowl fait maison, les cahiers d’écritures au réveil. Les ami.es, j’ai juste envie de dormir le matin parce que mes nuits sont souvent entrecoupées de petites insomnies chiffrées ou d’idées qui débarquent pour exciter mon imagination.  Mais cette nouvelle mission, je l’ai dans un coin de ma tête depuis des mois mais ça prend tellement de temps pour avoir des résultats, c’est plus long encore que d’avoir des abdos. J’imagine que de vous l’écrire ça pourrait m’aider à obtenir des résultats plus rapides. 

Quand je pense à moi, je ne me trouve pas organisée, je me sens chaotique, ou à la limite bordélique. Mais tout le monde autour de moi, me démontre par A + B que si je n’étais pas organisée, je ne serais pas où je suis. Ahaha et bien figurez-vous que je ne sais pas trop où je suis moi-même, justement. Je visualise bien le concept de cheffe d’entreprise, avec une société en croissance, avec des employés, des boîtes mails, des tickets resto, tout ça. Mais si je regarde en arrière et comment je me suis retrouvée là, c’est assez flou. Comme un long tunnel dont je n’ai pas la sensation d’être sortie, mais au moins je vois la lumière au bout. Si je pense aux dernières années, je les analyse comme une suite de hasards heureux, coïncidences joyeuses, opportunités chanceuses, le tout orchestré par des heures de travail à grand renforts d’énergie.

Je ne me dévalorise pas mais je préfère ne pas me sentir « arrivée », je fais ce que j’ai à faire et je pense souvent que je pourrais faire mieux. L’insatisfaction est un de mes moteurs. 

Depuis le mois de septembre c’est un peu la révolution, j’ai une super assistante sur toute la partie D.A et graphisme, et cerise sur le cadeau de la vie j’ai un binôme de choc pour gérer et surtout faire bien grandir ma société ! Alors je me suis dit que c’était le bon moment pour travailler mieux. 

En ce moment c’est une révolution parce que nos missions et tâches sont désormais régies par des rétro-plannings ainsi que des budgets. Toutes les personnes travaillant dans une société un peu structurée et existant depuis plusieurs années, connaissent ça de près ou de loin. Je vous rappelle que dans ma vie j’ai été au total 36 mois salariée, mes collaborateurs sont pour la plupart ici depuis la fin de leur études. Donc pour nous c’est le big bang. Même si je dramatise les choses en disant cela, nous n’étions pas si à l’arrache que cela avant, mais bon, tous les temps forts et lancements, je les avais dans la tête. Le chemin à prendre était clair, pas limpide mais je n’avais jamais eu les outils pour communiquer ou piloter un planning /budget. Mes tentatives étaient des calendriers accrochés au mur avec des post-it dessus : soyons réalistes personnes ne les regardait. 

Mon quotidien ces dernières années c’était : « à chaque jour suffit sa peine». J’exagère, mais j’arrivais au bureau et je me mettais en mode guerre pour régler les problèmes les uns après les autres. Si je ne les réglais pas, je réfléchissais à comment les contourner pour avancer en attendant de pouvoir les régler entièrement. Ce qui est nouveau, c’est qu’aujourd’hui je me sens en confiance avec toute une équipe, nous avons les bons outils, et je peux sortir la tête de l’eau, flotter un peu et regarder l’horizon. Anticiper pour mieux préparer la suite, ça c’est trop cool. Je ne sais plus comment on faisait avant. 

Communiquer les échéances, les projets à venir, les deadlines importantes, expliquer les moyens mis en oeuvre, les budgets prévus pour chaque collection, ça libère, et je nous sens tous plus légers et surtout plus forts. Donc je me dis que c’est le meilleur moment pour mettre en oeuvre ma révolution de l’organisation de mon temps de travail. 

Je sais à quoi ça ressemble, cette organisation, parce que je l’ai touchée du bout de doigts, il y a quelques temps pendant environ 5 jours consécutifs : j’ai coupé ma journée en deux.

Le matin c’était à la maison, je faisais quelques mails, je dessinais un peu, je faisais mes 20 minutes de Pinterest, (j’aime bien l’idée des 20 minutes je vous écris ça comme si c’était du sport) et puis je prenais un peu le temps de laisser arriver les idées et les solutions… Ensuite l’après midi j’allais au bureau et j’étais là pour prendre des décisions avec l’équipe et faire avancer des projets et régler des problèmes. Quand je vous l’écris je me rends compte à quel point c’est ce qu’il me faut. 

Mais dans les faits, si cette ré-organisation de mon temps de travail n’a pas duré plus de 5 jours c’est pour deux raisons tristes :

  • Je suis complètement victime du FOMO, «fear of missing out», j’ai la trouille de manquer un truc, donc je vais au bureau dès le matin, quitte à être moins efficace, mais au moins je suis là. Je sais ce qui se passe. Je préfère ne pas partir en vacances au cas où… Quelque chose de grave pourrait se produire. Je pars bientôt 15 jours du bureau, je ne me sens pas au top. Alors que concrètement il ne va pas se passer grand chose entre Noël et le 4 janvier — mais je sais que je vais devoir travailler sur moi pour partir sereine.
  •  Et puis cette organisation de journée coupée en deux n’a pas fonctionné parce que malheureusement, j’ai été formatée au présentéisme. J’ai peur que si je ne suis pas là on pense que je glande chez moi. Je n’ai pas pris de chemin détourné pour vous l’écrire. J’imagine ces demi-journées comme des moments où je pourrais aller aussi au musée, ou faire des recherches à la bibliothèque, écrire des newsletters ou oui pourquoi pas, me défouler au sport. Mais je dois me libérer moi aussi du regards des autres. Et si je voulais aller encore plus loin, je pense au fond de moi, qu’il y a une pression sociale qui me pousse à me dépasser en m’oubliant pour prouver que je suis tout aussi compétente et smart que n’importe quel homme chef d’entreprise. 

Toujours dans cette quête de rythme, j’expérimente… et depuis 1 mois, j’ai décidé de ne plus venir le mercredi de toutes les semaines pour faire des choses créatives, dessiner, faire des recherches, etc (même principe que la demi-journée). Alors dans les faits, j’ai mis dans l’agenda que je suis « off » mais dans la réalité, je me suis tenue à cette résolution environ… Zéro fois, pour les mêmes raisons que plus haut j’imagine ! 

En me relisant je me dis que cela n’est pas très sexy, ce quotidien, mais vous n’avez pas idée comme cela m’aide à y voir plus clair de l’écrire, comme si je vous prenais comme témoin. Je ne sais pas si je serais capable de régler cette culpabilité d’ici 2020. 

Disons que cela sera au moins des résolutions pour la nouvelle année, et pas des moindres. 

  • Être plus présente à moi-même, 
  • Ne plus culpabiliser de faire ce qui me convient, 
  • Réinventer mon métier, mon rythme.

Et puis finalement, je ne sais pas si ce qui me plaît dans cette idée, c’est plus la création d’une routine qui me séduit, dans laquelle j’aurais la place pour organiser ma vie. Parce que j’ai choisi cette voie effrayante et jubilatoire d’être ma propre boss, alors je ne devrais pas m’excuser de choisir la forme que mon chemin prendra. D’après moi, le plus important c’est de savoir ce que l’on doit faire et quand on doit le faire: « le luxe » c’est de choisir comment.

merci à Laurence Revol pour ces images 


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2 commentaires
  • Merci pour tes retours et ton honnêteté ! C’est très inspirant :)

    Helenee le
  • J’admire beaucoup tous les efforts que tu fais. Parfois il faut savoir aller trouver de l’aide alors je te partage le secret qui m’a beaucoup fait évoluer dans le fait d’être acteur de mes journées et non plus un pantin qui répond aux demandes des autres (ça c’était mon point faible) c’est une fille géniale qui s’appelle Laura MABILLE (je n’ai aucun intérêt a partager ce qu’elle fait) elle a un blog ses news letters sont des souffles d’air frais qui parlent a mes problèmes d’agenda et de mauvaise conscience 😔 tu la trouveras sur les réseaux, cerise sur le gâteau c’est sa formation 🤓😁.

    Vi le

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